Lire la Bible avec Profit

Chaque lecteur de la Bible développe avec Dieu une relation personnelle et spécifique, à travers le Livre. Chacun trouvera, au fur et à mesure de son parcours chrétien, ses propres habitudes et les points de repère qui feront de « sa » Bible un trésor inestimable. Voici simplement quelques pistes, quelques suggestions tirées de l’expérience personnelle et de l’observation. Elles peuvent être utiles pour une lecture biblique enrichissante.

UN LIVRE, QUATRE APPROCHES

1. LIRE TOUTE LA BIBLE, POUR DÉCOUVRIR

Dans 2 Timothée 3:16, l’apôtre Paul écrit : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour éduquer dans la justice… » Il ressort de cette déclaration que l’ensemble de la Bible nous a été donné pour être lu avec profit et qu’il est donc important que chaque croyant lise tout le message biblique. Nous avons le privilège de pouvoir posséder chacun « notre » Bible. Lisons-là !

Il est hautement bénéfique de faire des plans pour lire l’ensemble de la Bible sur une période pas trop longue (entre un et trois ans semble être une bonne cadence). En lisant trois chapitres par jour, on mettra un peu plus d’un an à lire la Bible. Il s’agit d’une lecture simple, qui cherche à comprendre le texte, mais sans s’arrêter longuement sur chaque détail; simplement pour s’imprégner du texte biblique en son entier, pour laisser la Parole de Dieu nous pénétrer… pour découvrir, retenir et enfouir en nous tous les éléments de la Révélation biblique.

Après deux ou trois lectures complètes des Ecritures, on sera étonné du nombre de découvertes qu’on aura faites, du nombre de relations que l’on devient capable de faire entre les différents textes, de la vue d’ensemble du plan de Dieu qui s’inscrira en nous (nous préservant du piège de ne voir que les aspects auxquels nous sommes naturellement le plus sensibles !). Des gens comme George MULLER, Ralph SHALLIS, H.M.S. RICHARDS et bien d’autres « géants » de la foi, avaient l’habitude de lire la Bible en entier chaque année. On peut faire une lecture suivie, soit de la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, soit en prenant tantôt un livre de l’AT, tantôt un livre du NT, jusqu’à ce que l’ensemble ait été couvert. Des plans de lecture sont généralement disponibles auprès d’organismes comme les Sociétés Bibliques.

Quelques recommandations :

a) Se fixer un objectif et un rendez-vous quotidien avec le Seigneur afin de lire sa Parole.

b)Toujours prier au moment de cette lecture pour que Dieu dispose notre cœur à l’écouter. Il ne s’agit pas de « faire ses devoirs », mais de rencontrer Dieu et de mieux comprendre ce qu’il a à nous dire. L’aide de son Esprit est nécessaire.

c) Avoir à la main quelques crayons de couleur pour souligner les passages qui sont importants. Pour faciliter le repérage ultérieur des textes, on peut avoir un code personnel quant à la signification des couleurs.

Dans son livre Si tu veux aller loin, Ralph SHALLIS propose un système très élaboré, et peut- être un peu compliqué, mais dont on peut s’inspirer. Personnellement, j’utilise généralement trois couleurs :

  • une couleur pour les éléments « positifs » du texte : encouragements, promesses, miracles…
  • une autre couleur pour les éléments « négatifs » du texte : avertissements, reproches, désobéissances…
  • une troisième couleur pour tous les éléments de découverte doctrinale.

d) Noter sur un carnet toutes les questions que soulève le texte biblique et sur lesquels il faudrait revenir en poussant l’étude plus loin, ce qui nous introduit au point suivant.

e) Avoir toujours sa Bible avec soi afin de pouvoir profiter des moments libres imprévus et s’enrichir, se nourrir au fil des jours. Écouter la Bible en version audio dans sa voiture ou n’importe où avec un appareil électronique portatif.

2. MÉMORISER POUR RETENIR

À travers les siècles, la plupart des croyants ne possédaient pas d’exemplaire personnel de la Bible. Depuis leur rédaction, les livres bibliques ont été copiés et recopiés sur des rouleaux en papyrus (l’ancêtre du papier) et en parchemin (peau tannée), et conservés dans les synagogues, puis dans les églises, pour être lus à l’assemblée. Les croyants juifs entendaient chaque sabbat la lecture qui était faite à la synagogue ; c’est là qu’ils mémorisaient les textes sacrés et les apprenaient par cœur pour affermir leur foi. Jésus lui- même a surtout pris connaissance des Saintes Écritures de cette manière. De temps à autre, il pouvait sans doute aller consulter les rouleaux à la synagogue, mais il ne pouvait les garder en permanence avec lui. Il devait donc mémoriser les textes. Les premiers chrétiens firent de même avec les écrits des apôtres, des évangélistes et des prophètes du Nouveau Testament. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la béatitude du premier chapitre de l’Apocalypse : « Heureux celui qui lit (lecture à haute voix) et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie… » Apocalypse 1:3

On pourrait considérer que nous avons plus de chance que ces croyants d’autrefois, puisque nous avons le privilège de posséder, pour une somme modique, notre exemplaire personnel de la Bible. Il nous suffit même de quelques clics sur l’Internet pour consulter plusieurs versions de la Bible, en même temps. Cependant, d’une certaine manière, ce privilège peut devenir un handicap ! Parce que nous n’avons plus besoin de mémoriser les textes, nous les connaissons moins bien. Car mémoriser permet de s’approprier personnellement le contenu d’un texte ; c’est en mémorisant que nous intégrons le message de Dieu pour nous et que nous permettons au Saint-Esprit de modeler notre pensée, de façonner notre esprit. Les vérités divines, les promesses de Dieu, ses avertissements, ses encouragements, ses annonces prophétiques, tout cela doit devenir partie intégrante de nous-mêmes, grâce à la mémorisation. « Je serre ta Parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi… Je n’oublierai jamais tes statuts, car par eux tu me fais vivre… Je n’oublie pas tes commandements. » Psaume 119:11,93,176

Il est bon de choisir régulièrement un verset ou un passage issu de notre lecture quotidienne de la Bible (peut-être un texte que nous trouvons particulièrement important) et de l’apprendre par cœur. Il faut le répéter pendant des jours et des semaines, jusqu’à ce qu’il soit gravé dans notre mémoire. En enfouissant ainsi dans notre esprit les paroles inspirées de notre Dieu, nous constituons une banque de données que le Saint-Esprit pourra utiliser dans les diverses situations de notre vie, pour notre édification et celle des autres.

3. ÉTUDIER POUR APPROFONDIR

Si la lecture régulière et systématique de la Bible nous permet d’engranger une connaissance globale des Ecritures et de laisser l’Esprit de Dieu nous imprégner de la pensée divine, il n’en demeure pas moins que cette lecture reste insuffisante. L’eunuque éthiopien mentionné en Actes 8:28-39 nous fournit un excellent exemple. Il avait lu et relu le livre du prophète Esaïe… avec le plus grand profit. Pourtant, une vérité extraordinaire lui était encore voilée, celle du chapitre 53, concernant le Messie souffrant et triomphant. Il lui a fallu les explications de l’évangéliste Philippe, qui lui a donné à cette occasion une véritable étude biblique, pour qu’il découvre l’Evangile de Jésus et soit baptisé. Certains textes ne seront pas clairs à la première lecture. On peut même affirmer, sans risquer de se tromper, que certains passages nous paraîtront nébuleux, incompréhensibles, voire choquants ! Il ne faut pas se laisser ébranler ou décourager par de tels passages. Comme le précieux minerai qui demande l’usage de la pelle, de la pioche et du tamis avant d’apparaître sous la roche vulgaire, les plus belles vérités de la Bible se cachent parfois derrière des textes qui « résistent » et nécessitent une étude approfondie. Quels peuvent être nos sujets d’études ? Ils sont infinis… Questions existentielles, spirituelles ou morales que nous pose la vie quotidienne… Textes qui nous ont intéressés, intrigués, résisté, choqués lors de notre lecture continue… Sujets abordés à l’occasion de discussions avec les uns ou les autres… Il importe de développer une saine curiosité spirituelle qui allie au plaisir de la recherche et de la découverte, la joie de mieux connaître Dieu pour mieux le servir. Comme les Béréens d’Actes 17:10-12, prenons l’habitude de ne laisser personne penser à notre place et de toujours vérifier par l’étude les enseignements que nous pouvons recevoir. C’est notre privilège que de développer nos capacités intellectuelles en étudiant le Livre des livres. Ceci tout en comptant humblement sur l’assistance de Dieu dans nos recherches, car lui seul peut nous accorder « le renouvellement de l’intelligence » afin de pouvoir discerner « la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait » (Rm 12:2). Si nous étudions un texte précis, prenons l’habitude de nous poser des questions sur ce texte, afin d’en découvrir le message :

De quel genre de texte s’agit-il ? (récit historique, parabole, lettre, prière, poème, loi, enseignement, sagesse, prophétie…)

Quand a-t-il été écrit ? Dans quel contexte historique, social, culturel ?

Par qui a-t-il été écrit ? Puis-je savoir quelque chose de l’auteur ?

Où se situe-t-il ? Ai -je des renseignements géographiques ?

Pourquoi ce texte a-t-il été écrit ? Quel en est le sens, le message pour ceux qui l’ont reçu ? Pourquoi Dieu a-t-il voulu que ce texte nous parvienne ? Quel enseignement, quel enrichissement, quel encouragement, quel avertissement Dieu nous transmet-il ainsi ?

Ces questions, et bien d’autres encore, nous aideront à tirer profit de l’étude de la Bible.

Il ne faut pas non plus négliger l’aide que peuvent nous apporter ceux qui nous ont précédés dans l’étude biblique. Un pasteur, un ancien de la congrégation ou un ami ayant une certaine expérience de la Bible et de la vie chrétienne peuvent nous apporter des lumières. Elles ne sont pas infaillibles, mais se révèlent souvent précieuses. Enfin, il existe une série d’outils pour l’étude que l’on peut acquérir peu à peu, ou se faire prêter, ou encore emprunter dans une bibliothèque :

  • un dictionnaire biblique
  • un atlas biblique
  • une concordance des textes bibliques
  • des introductions aux livres bibliques
  • différents commentaires de la Bible
  • autres…

Que l’on étudie un texte précis, ou un thème à travers toute la Bible (étude topique), ces instruments sont précieux. Ils nous permettront de mieux comprendre et respecter les textes bibliques en tenant compte des intentions de leurs auteurs et de leur Auteur. Toutefois, la lecture, la mémorisation et l’étude sérieuse de la Bible ne suffisent pas. Seule la quatrième dimension dans l’approche du texte biblique nous comblera.

4. MÉDITER POUR METTRE EN PRATIQUE

A propos des enseignements de Dieu, de sa loi, de sa parole, les psalmistes utilisent fréquemment le verbe méditer ou des synonymes (voir par ex. Ps 1:2 ; 77.7 ; 119:15, 23, 97, 99, 148). Tous ces textes manifestent la joie profonde et le bénéfice spirituel de celui ou celle qui « médite la Bible » de façon régulière. Mais que signifie méditer ? D’après le dictionnaire, il s’agit de « soumettre à une longue et profonde réflexion », « penser longuement à un sujet » (Petit Robert). Dans le sens biblique, on pourrait dire que c’est intérioriser un enseignement divin en s’y arrêtant, en y réfléchissant pour l’appliquer de manière concrète à notre vie. Lorsqu’on médite la Bible, il ne s’agit plus seulement de mémoriser les textes ou de s’en imprégner (lecture), ni même de comprendre en profondeur leur sens (étude), mais d’en faire une application concrète à notre vie. La méditation de la Bible se transforme souvent en prière à Dieu, en décisions pour nos vies, en actes d’amour envers les autres, en engagements nouveaux ou renouvelés… C’est seulement dans cette dimension de l’approche biblique que le Livre de Dieu atteint son but, énoncé en 2 Tm 3:16 : « enseigner, convaincre, redresser, éduquer dans la justice afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. »

Concrètement, la méditation n’est pas forcément un troisième moment à prendre dans nos journées. Car lors de notre lecture suivie des Ecritures, il peut y avoir un passage, un verset, une expression qui fasse « tilt » et sur lesquels l’Esprit de Dieu nous invite à réfléchir un moment. De même lorsque nous étudions un texte ou un sujet. Mais la méditation est surtout un état d’esprit à développer. Ne jamais lire pour lire, ou simplement pour une découverte intellectuelle, mais toujours avec le désir de trouver un enrichissement pour l’âme, une Parole de Dieu pour moi. Tout comme la prière (à laquelle elle est toujours associée), la méditation implique un peu de temps et de tranquillité. On ne médite pas correctement avec un œil sur le chronomètre ! Choisissons de réserver régulièrement du temps à cette méditation (par exemple les dernières minutes de notre lecture ou de notre étude) afin d’écouter la voix de Dieu nous parler. Demandons-nous toujours : « De cette lecture de la Bible, que puis-je tirer de concret et de pratique pour ma vie personnelle, ma relation avec Dieu ou avec les autres ? »

Et lorsque une vérité, une conviction se fait jour, remercions Dieu pour sa lumière et décidons de mettre en pratique, par sa grâce, ce que nous avons découvert. C’est le secret de la croissance spirituelle et du véritable bonheur : « Quiconque entend de moi ces paroles et les met en pratique sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont portés sur cette maison : elle n’est pas tombée, car elle était fondée sur le roc. » Matthieu 7:24-25 « Mais celui qui a plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui persévère, non pas en écoutant pour oublier, mais en la pratiquant activement, celui- là sera heureux dans son action même . » Jacques 1:25 Nul doute que nous pourrons dire alors avec le psalmiste : « Ta Parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » Psaume 119:105

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